La différence entre Dieu et le chirurgien, c'est que Dieu ne se prend pas pour un chirurgien

mardi 13 octobre 2015

Interview auteur Mitcho Rex

  1. Présentez-vous en une phrase maximum
    Je suis un Français de Brighton (Angleterre) qui écrit des livres et fait aussi de la peinture, sans oublier la photographie.

  1. Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ?
    Un rêve. Adolescent, je ne rêvais pas. C’était frustrant, surtout lorsque mes camarades de collège me racontaient les leurs. Un soir avant de m’endormir, je répète plusieurs fois que je désire rêver, comme tout le monde. Et la magie s’opère, j’ai enfin rêvé ! En me réveillant, j’étais tellement heureux que j’ai désiré transcrire ce rêve sur papier, de peur qu’il disparaisse. Les nuits suivantes, j’ai continué de rêver et d’écrire mes rêves au matin. Puis j’ai eu envie de raconter mes propres histoires avec des vrais personnages. Le virus de l’écriture est né.

  2. Pouvez-vous nous parler rapidement de vos publications ?
    « Sobek, confessions d’un meurtrier » (2013) : Treize personnes viennent chez Mark Taylor pour ne jamais repartir. Il garde un crocodile du Nil chez lui. (Un roman à ne pas mettre entre toutes les mains).
    « Marilyn Monroe secret défense, la vérité » (2014) : Un journaliste reçoit un appel téléphonique d’une vieille dame qui prétend être… Marilyn Monroe ! Et si c'était vrai ?
« Caron, requiem pour des feuilles mortes, suite inspirée d’Hôtel Styx » (2015) : « Hôtel Styx » est un roman d’Yves Navarre (Prix Goncourt 1980 pour « Le Jardin d’acclimatation »). J’ai voulu écrire une suite et j’ai demandé l’autorisation à l’ayant droit, car Yves Navarre n’est plus parmi nous. « Hôtel Styx », c’est un hôtel où les gens viennent mourir, ils payent ce service. Caron est le fils de Madame, celle qui orchestre ce requiem fatal.
J’ai participé à un colloque international sur Yves Navarre l’année dernière où j’ai présenté mon projet d’écriture de cette suite. Un livre, qui contient les participations des intervenants a été publié en avril 2015 par les éditions H&0 « Cahiers Yves Navarre, une vie à écrire ».

  1. Et de vos projets ?
J’ai rencontré Marguerite Duras à Paris à la fin des années 80. Un texte a été écrit, un roman, presque. Je l’avais oublié. Étant un des deux administrateurs du groupe Marguerite Duras sur Facebook (https://www.facebook.com/groups/m.duras/), à la demande de certains amis, j’ai ressorti ce texte et j’ai décidé de le retravailler. Son titre : « Rencontre sous une pluie d’été à dix heures et demie du soir ». Une autre exposition de mes peintures est aussi prévue l’année prochaine.

  1. Quel est le message que vous voulez faire passer dans vos romans/nouvelles ?
Je n’ai pas vraiment de message, pourtant en réfléchissant à votre question, je pourrais répondre que dans trois de mes romans publiés, il est question d’espoir, même dans les plus tragiques moments.

  1. Quelles sont les sources de vos inspirations ?
    Lire, lire, lire, c’est la porte ouverte à l’imagination. Les livres sont importants, j’aime tout lire, si c’est bien écrit. Mais regarder autour de soi, observer les gens, la vie, c’est aussi une incroyable source d’inspiration, le bruit des vagues, le ressac, c’est encore de l’inspiration. Je vous dis ça, car j’ai la chance d’habiter près de la mer où l’imagination vagabonde.

  2. Comment doit-être, selon vous, un personnage principal ?
Il doit convaincre le lecteur dès la première page. Toute l’histoire se déroule autour de lui. Il est la voûte d’un roman, alors il ne faut pas se tromper.

  1. Et un personnage secondaire ?
    Des personnages secondaires aussi, il y en a des tas et ils permettent au personnage principal d’évoluer dans son histoire. Attention qu’ils ne deviennent pas trop importants, ou c’est la pagaille ! Cela peut être marrant aussi, non ?

  2. De quel roman aimeriez-vous être l’auteur ?
    « Le rêve dans le pavillon rouge » de Cao Xueqin. Ce magistral roman chinois, écrit, eh oui, au XVIIIe siècle, comporte plus de quatre cents personnages et croyez-moi, quand on le lit, il paraît contemporain ! Je précise que c’est un des rares livres a être sur la liste prestigieuse de la collection UNESCO. Ah oui, j’aurais bien aimé l’écrire ce livre, un travail de dix ans, quand même !

  3. Quel est votre livre préféré ? Pourquoi ?
Sans hésiter, « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry avec la beauté du texte poétique, sa force philosophique, les dessins aussi. Je l’ai cité dans mes deux premiers romans, un hommage pour un chef d’œuvre universel.

  1. Comment se sont passés vos débuts dans l’écriture ?
J’ai raconté mes débuts dans votre question 2. Cependant, je peux ajouter la folie au rêve. Adolescent, j’écrivais sans arrêt, quand je ne lisais pas, et partout, en classe en marge de mes cahiers, dans la cour de récréation aussi. On se moquait de moi. J’étais plutôt solitaire et je préférais un bon livre ou un cahier vierge. J’ai toujours avec moi un carnet, un crayon et un livre bien sûr. « Écrire c’est guérir. Et c’est la liberté ! » disait Yves Navarre en 1988. Je préfère dire : Écrire c’est vivre et c’est la liberté !

  1. Parmi tous les personnages que vous avez créés, lequel est votre préféré ? Pourquoi ?
Le dernier, sans aucun doute, celui dans « Rencontre sous une pluie d’été à dix heures et demie du soir », car il est présent en moi et imprègne mes jours de sa vie à lui. Il est encore jeune, presque insouciant, comme je l’étais, autrefois. J’aimais ces jours d’avant et avec lui, je remonte dans le passé.

  1. Quelle est votre expérience avec les maisons d’édition ?
Oh, je pourrais aisément tapisser un mur avec les lettres de refus ! Il y a eu des lettres plus personnelles avec des conseils judicieux que j’ai suivis. Mon éditeur actuel, rien à critiquer. Laissons les lecteurs décider sur un livre et non un comité de lecture, ce serait plus facile et moins cher. Envoyer un manuscrit depuis l’Angleterre, ça devient onéreux, surtout à une dizaine de maisons d’éditions françaises. Ici, les premières pages suffissent et si l’éditeur apprécie, il vous demandera d’envoyer le reste.

  1. Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un voulant écrire ?
Croire en soi et accepter les critiques. Écrire dans son journal intime, une page par jour, c’est un excellent moyen pour améliorer son écriture. Lire, évidemment. Et surtout, acheter des dictionnaires pour les feuilleter souvent !

Le « Avez-vous déjà ».

  1. Avez-vous déjà eu le syndrome de la page blanche ? Si oui, comment avez-vous fait pour vous en débarrasser ?
Parfois. Si le flot de l’écriture se tarit, il ne faut surtout pas insister. Lorsque ça m’arrive, je sors me promener sur la plage, je visionne un film, je confectionne un gâteau (mon compagnon adore), ou je m’amuse avec mes deux chats. J’attends plusieurs jours avant de revenir à l’écriture arrêtée.

  1. Avez-vous déjà abandonné un roman que vous aviez entamé ?
    Oui, une seule fois. Je me promets toujours de reprendre l’écriture de ce bout de roman, mais à chaque fois, une autre histoire prend sa place. Un jour, oui, je le finirai !

  2. Avez-vous déjà laissé un manuscrit dans un tiroir, de peur des critiques ?
    Dans mes tiroirs dorment une vingtaine de manuscrits. Il faudrait que je les sorte un à un pour les travailler de nouveau. Un jour encore, peut-être !

Les questions bonus à compléter…

  1. Si j’étais un animal je serais… un chat, pour sa sagesse certainement et ses sept vies.

  2. Si je pouvais avoir un objet, n’importe lequel, peu importe le prix, ce serait… sans hésiter une machine à remonter dans le temps. Ah, les voyages dans des moments d’histoire, ce serait incroyablement existant !

  3. Si je pouvais entrer dans un roman, ce serait dans… « le Maître et Marguerite » de Mikhaïl Boulgakov, du burlesque avec du fantastique, j’adore !

  4. Si je pouvais entrer dans un film, ce serait dans… « Mary Poppins », j’ai encore un côté enfant.

  5. Si je pouvais avoir une discussion avec un auteur, ce serait… Yves Navarre pour lui demander son avis sur ma suite d’Hôtel Styx .

  6. Si je pouvais avoir une discussion avec un personnage de roman, ce serait… avec l’inspecteur Rovère imaginé par le talentueux et regretté Thierry Jonquet. Les dialogues avec Rovère sont exquis !

  7. Si j’étais une citation, je serais… « En fait on écrit pour se sentir libre. L’espace des pages n’a pas de frontières » Yves Navarre, « Une vie de chat »(1986).


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